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Jules Bordet

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« Pour ses découvertes concernant l’immunité. »

Il a mis en évidence le rôle des anticorps et du complément, apportant une contribution remarquable à l’immunologie.

En 1894, Jules Bordet entre au laboratoire d’Elie Metchnikoff grâce à une bourse du gouvernement belge. Il y restera jusqu'en 1901. (À
cette date, il prend la direction de l’Institut antirabique et bactériologique du Brabant). De 1895 à 1896, il explore les mécanismes d'agglutination et de destruction bactérienne (bactériolyse) par les immunsérums, soulignant la part de l'immunité humorale dans les processus de défense antimicrobienne. Il démontre que la bactériolyse résulte de l'action conjointe de deux substances présentes dans le sérum sanguin : le complément (découvert sous le nom “d’alexine”, un facteur thermolabile dépourvu de spécificité, et une substance thermostable spécifique, qu'il nomme sensibilisatrice (il s’agit des “anticorps”) parce qu'elle sensibilise le microbe à l'action bactériolytique de l'alexine. Il montre aussi que l'agglutination précédant la lyse est due à l'anticorps, sans intervention du complément. Dès 1895, il a ainsi élucidé le mode de destruction des microbes chez les
sujets vaccinés. Cette découverte le conduit, la même année, à établir le principe des méthodes de sérodiagnostic in vitro – c’est-à-dire le diagnostic de la maladie par l’examen du sérum du malade – méthodes dont le principe a été appliqué par la suite à la plupart des maladies infectieuses. En 1898, il élargit considérablement le domaine de l’immunologie en montrant qu’un organisme peut s’immuniser non seulement contre les microbes, mais aussi, selon le même mécanisme, contre des cellules d’espèces animales étrangères. Comme l’immunité anti-infectieuse, l’immunité ainsi acquise est spécifique, c’est-à-dire qu’elle permet de distinguer les cellules des diverses espèces animales. Il était ainsi établi que la diversité des espèces animales se reflète dans la diversité de leurs constituants cellulaires. Cette notion fondamentale peut être considérée comme à l’origine de la découverte ultérieure des groupes sanguins et du phénomène de rejet des greffes. En 1900, il décrit la réaction de fixation de l’alexine. L’application la plus connue est celle que Wassermann en fit, en 1906, au diagnostic de la syphilis, d’où le nom de réaction Bordet – Wassermann. Jules Bordet a obtenu le prix Nobel de Physiologie ou médecine en 1919.