Il y a environ 120 000 patients atteints de la maladie de Parkinson en France, avec 10 000 nouveaux cas chaque année.
La maladie de Parkinson provient de la dégénérescence des neurones produisant un neurotransmetteur appelé dopamine. Elle se traduit par des anomalies motrices évoluant progressivement : tremblements, rigidité des membres, altération des mouvements automatiques, comme la marche.
Provoquant de véritables drames pour les familles, ces maladies rendent méconnaissables les personnes touchées. Jusqu’à présent, les médecins pensaient que le cerveau adulte était incapable de produire de nouveaux neurones et que les pertes dues aux maladies neurodégénératives étaient irréversibles.
Les chercheurs ont déjà prouvé que la stimulation du cerveau favorisait de nouvelles connexions entre neurones, et que cette dynamique contribuait à retarder le vieillissement des cellules cérébrales. Certaines équipes sont parvenues à identifier des pistes thérapeutiques qui pourraient, à terme, permettre d’enrayer le développement des maladies neurodégénératives. C’est le cas de l’unité de recherche de Perception et Mémoire, dirigée par Pierre-Marie Lledo à l'Institut Pasteur.
1997, un dogme tombe : oui, le cerveau peut se régénérer !
 La vocation première de cette équipe était de mieux comprendre les mécanismes de la mémoire olfactive. Celle-ci est connue pour son exceptionnelle persistance, à l’image de la fameuse madeleine, dont l’odeur permet au personnage créé par Proust de se rappeler dans ses moindres détails une scène vécue des dizaines d’années plus tôt. C’est en 1997, en consacrant ses recherches à cette mémoire particulière que Pierre-Marie Lledo fait une découverte fondamentale : dans une zone du cerveau peu explorée, proche du cortex olfactif, les neurones ont la propriété de se régénérer ! Cette capacité tient à l’existence d’une zone de production de cellules capables de se transformer en neurones – les cellules souches.
Dans le monde médical, jusque-là convaincu que le cerveau est incapable de « s’autoréparer », la nouvelle fait l’effet d’une bombe. La presse scientifique se passionne pour les travaux de Pierre Marie Lledo, qui découvre bientôt qu’une molécule, la ténascine, permet d’attirer les jeunes neurones vers une région du cerveau donnée. L’espoir de traitement des maladies neurodégénératives prend forme : en détournant le flux migratoire des cellules vers des régions en souffrance, il est envisageable de compenser les pertes neuronales.
Thérapies génique et cellulaire : le tandem gagnant pour une nouvelle médecine ?
Il reste encore à s’assurer que les nouveaux neurones sont capables de produire des molécules dotées de vertus thérapeutiques. L’unité Perception et Mémoire démontre qu’il est possible de modifier le patrimoine génétique des cellules souches pour les obliger à libérer de la dopamine, la substance chimique qui fait défaut dans la maladie de Par k inson. En laboratoire, les scientifiques parviennent ensuite à susciter la sécrétion de ténascine dans la zone malade, le stratium, et ainsi à capter le flux de ces cellules « soignantes ». Le modèle mis au point par Pierre-Marie Lledo et ses collaborateurs combine donc thérapie génique (en déterminant le destin des cellules souches) et thérapie cellulaire (en les conduisant vers une région choisie). Actuellement en cours de validation, il ouvre la voie à une médecine régénératrice fondée sur les capacités propres du cerveau.
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