L'allergie, tout le monde connaît, et chacun d’entre nous connaît des allergiques.
> L'allergie une épidémie moderne ?
> Le BCG pour traiter l'asthme ?
> L'allergie une réaction immunitaire comme les autres ?
Au point qu’un mot savant est passé dans le langage commun. L’allergie est en effet une affection très répandue en France, où on dénombre 16 à 20 millions d’allergiques (25 à 30 % de la population !), et plus encore dans d’autres pays développés. Les allergies sont aujourd’hui un problème de santé publique. Parce que certaines sont graves et invalidantes, parfois mortelles. Parce que les autres sont fréquentes et persistent pendant des années.
On commence à bien connaître les mécanismes responsables des symptômes, mais on ne comprend toujours pas les causes des allergies. On sait qu’il s’agit de maladies familiales, donc héréditaires, donc génétiques, mais on ne sait pas pourquoi un individu est allergique et pourquoi un autre ne l’est pas. On sait que les allergies sont multifactorielles, qu’il existe des facteurs intrinsèques, liés à l’individu, et des facteurs extrinsèques, liés à l’environnement, mais on ne sait pas lesquels sont déterminants. Dans ces conditions, on ne dispose guère que de traitements des symptômes et, pour certaines allergies, de la désensibilisation, une manœuvre empirique conçue au tout début du 20e siècle comme une vaccination, un traitement contraignant, pas toujours efficace, non dénué de risques sérieux, qui doit être prolongé pendant des années et dont on ignore toujours le mécanisme.
Quand le système immunitaire joue les Don Quichotte
Les allergies peuvent être définies comme :
1) des réactions pathogènes,
2) qui peuvent prendre des formes très différentes,
3) déclenchées par un second contact,
4) avec une substance le plus souvent dépourvue de toxicité,
5) chez certains individus seulement.
Elles résultent de la mise en jeu de mécanismes extrêmement sophistiqués dont les seules conséquences connues sont d’induire des maladies. Qui plus est, ces réactions se produisent lorsque notre système immunitaire répond à des substances aussi inoffensives que du poil de chat, du pollen de graminées ou de la poussière de maison. Les allergies nous amènent à douter d’évidences qui nous semblaient aller de soi.
Nous pensions que le système immunitaire nous protégeait, voilà qu’il nous rend malade. Nous pensions qu’il s’intéressait surtout aux agents pathogènes, voilà qu’il se trompe de cible et qu’il part en guerre contre des moulins à vent. Non sans dégâts collatéraux.
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De la recherche aux soins
Dans la prise en charge des patients comme dans la recherche, les équipes de l’Institut Pasteur travaillent sur l’allergie par approche complémentaire. Ainsi, le département d’immunologie, dirigé par le Dr Marc Daëron, et plus précisément l’unité de Recherche allergologie moléculaire et cellulaire s’intéressent à la compréhension du système immunitaire et notamment ses défaillances comme l’allergie. Il collabore avec les médecins de la consultation d’allergologie du Centre médical de l’Institut Pasteur, qui assure chaque année 8 000 consultations d’allergologie : un niveau d’activité qui la place dans les premières au niveau national. Cette activité médicale comprend le bilan et le traitement des maladies allergiques.
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