En 1976, les anciens combattants de la légion américaine se réunissent en congrès à Philadelphie. Contaminés par le système de climatisation, une trentaine d'entre eux sont victimes d'une affection pulmonaire qui leur est fatale. Un an plus tard, la bactérie Legionella pneumophilia est identifiée. Elle se propage par les systèmes d'air conditionné et les canalisations d'eau. Les personnes à risque sont celles dont le système immunitaire est fragile: les personnes âgées, les patients cancéreux, les diabétiques et les insuffisants respiratoires. La légionellose touche plus d'un millier de personnes, chaque année, en France. L'infection peut prendre deux formes: une forme banale ou fièvre de Pontiac qui provoque un syndrome grippal et une toux sèche pendant 2 à 5 jours. L'autre forme est plus grave et peut entraîner la mort dans 10 à 30% des cas: il s'agit de la maladie du légionnaire ou légionellose. Après une incubation de 2 à 10 jours, les premiers symptômes apparaissent: fièvre, toux sèche, douleurs abdominales et musculaires. L'hospitalisation est nécessaire. Le traitement repose sur les antibiotiques par voie intraveineuse pendant 2 ou 3 semaines.
Vers des tests de diagnostic rapide
En collaboration avec le CNRS et l'Inserm, des chercheurs de l'Institut Pasteur ont comparé le génome de la souche responsable d'une épidémie survenue dernièrement dans la région de Lens (Nord-Pas-de-Calais) avec le génome de celle survenue dans un hôpital parisien. Cette étude permet de mieux comprendre comment certaines légionelloses se répandent au sein de la population à partir des aérosols des tours aéro-réfrigérantes. Elle ouvre également la voie à la mise au point de tests de diagnostic rapide (quelques heures au lieu de quelques jours), qui font aujourd'hui défaut pour la surveillance de l'environnement et donc pour une prévention efficace de la légionellose.
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