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Chikungunya

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pathologie_web_chikungunya_04.jpgLe Chikungunya n'est pas une maladie nouvelle. La première épidémie due au virus Chikungunya a été décrite en Tanzanie en 1952. Son nom signifie en swahili "qui marche courbé en avant" et évoque les symptômes de la maladie : le mal qui casse les os. Depuis, l'infection a continué à évoluer sur un mode épidémique dans les continents africain et asiatique, et dans l'Océan Indien (en 2005-2006), notamment sur l’île de la Réunion, sur les îles Seychelles, Maurice, Mayotte et Madagascar. Elle a récemment fait son apparition en Europe, touchant environ 200 personnes, dont soixante cas confirmés, en Italie en septembre 2007. Le virus Chikungunya est un arbovirus (virus transmis par les arthropodes), dont les vecteurs sont des moustiques. Le premier symptôme, après un délai d'incubation de 2 à 10 jours, est une atteinte articulaire forte. S'y ajoutent, fréquemment, des maux de tête, des douleurs musculaires importantes, une éruption cutanée du tronc et des membres, voire une conjonctivite. La maladie n'est pas connue pour être responsable de mortalité directe, mais peut engendrer chez les personnes les plus faibles (nourrissons, femmes enceintes, personnes âgées) une mort indirecte.


Traitement chikungunya et prévention

Les traitements anti-douleurs et anti-inflammatoires existants ne guérissent pas toujours de la maladie. La prévention est donc le meilleur moyen de s'en prémunir. Dans les zones concernées, il s'agit de faire en sorte que tous les habitants possèdent une moustiquaire, portent des vêtements longs, utilisent des répulsifs cutanés et des insecticides. 

A l'Institut Pasteur

pathologie_web_chikungunya_03.jpg En 2005, le virus Chikungunya s’introduit dans l’océan indien et provoque une grande épidémie à la Réunion.
Devant l’explosion du nombre de cas, l’Institut Pasteur mobilise 12 de ses équipes et son réseau international. Epidémiologistes, virologues, immunologues, microbiologistes, tous travaillent en collaboration dans un seul but : combattre le virus sur tous les fronts.

Quelques mois plus tard, de nombreux résultats sont obtenus :
> Mise au point d’outils de diagnostic
> Retraçage du parcours du virus
> Séquençage du génome de plusieurs souches virales
> Compréhension des raisons de la virulence
> Identification des cellules humaines cibles
> Développement de candidats vaccins

En 2008, grâce à une vaste étude prospective chez des femmes enceintes, des cliniciens de l'Île de La Réunion et des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Inserm ont pour la première fois mis en évidence des cas de transmission materno-fœtale du virus du Chikungunya. Leurs observations montrent que celle-ci se fait préférentiellement quand les mères sont infectées peu avant le terme de leur grossesse, et que les nouveau-nés ont une probabilité accrue de développer des formes graves de la maladie.

Des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Inserm ont développé le premier modèle murin de l'infection au virus Chikungunya, capable de mimer les formes bénignes et les formes graves de la maladie. Ils ont ainsi déterminé quels tissus et cellules étaient touchés par le virus dans chacun de ces deux cas. Le développement d'un tel modèle animal constitue une avancée majeure, non seulement au plan physiopathologique, mais aussi parce qu'il permettra de tester de futurs vaccins et traitements contre la maladie.

En 2009, un espoir de traitement préventif et curatif contre le Chikungunya. Des chercheurs de l'Institut Pasteur et de l'Inserm en partenariat avec le Laboratoire Français du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB) sont parvenus à traiter et à prévenir chez l'animal l'infection due au virus du Chikungunya. Ils ont pour cela purifié des anticorps dirigés contre le virus, à partir du plasma de patients guéris de la maladie et donc immunisés contre ce virus. En apportant la preuve de l'efficacité d'un tel procédé, ces travaux ouvrent la voie à la mise au point rapide d'un premier traitement spécifique contre l'infection.

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Le nouveau centre de recherche pour lutter contre les maladies émergentes