Les virus des hépatites B et C en ligne de mire
Vers un vaccin thérapeutique contre l'hépatite B chronique
À l’Institut Pasteur, un candidat-vaccin thérapeutique, qui agit une fois l’infection par le virus de l’hépatite B déclarée, a été mis au point ces dernières années par l’équipe du laboratoire de Pathogenèse des virus de l'hépatite B (Institut Pasteur-Inserm U 845), dirigé par Marie-Louise Michel. Le principe de ce candidat-vaccin repose sur une stimulation du système immunitaire des patients, spécifiquement dirigée contre le virus. Une première phase d’essais cliniques a déjà été réalisée avec succès. Un essai dit de « phase II » est actuellement en cours, sous l’égide de l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), dans plusieurs centres hospitaliers de France. Les chercheurs de l’Institut Pasteur sont chargés d’étudier la réponse immunitaire des patients en fonction de leur statut clinique.
Hépatite B et cancer du foie
L’infection par le virus de l’hépatite B (VHB) constitue le premier facteur de risque de cancer du foie (hépatocarcinome), et est impliquée dans plus de 50% des 660 000 cas diagnostiqués annuellement dans le monde, et des 7000 cas français. La plupart du temps, le VHB est éliminé naturellement par l’organisme. Mais dans 5% des cas, l’infection persiste, et devient chronique, provoquant des maladies du foie sévères (hépatites B actives, fibroses, cirrhoses) pouvant à terme évoluer vers un cancer du foie. L’OMS estime à 2 milliards le nombre de personnes ayant été infectées par le VHB, et à 350 millions le nombre de porteurs chroniques du virus. Un vaccin préventif efficace existe, et permet dans les pays où la couverture vaccinale est suffisante de faire baisser très significativement l’incidence des hépatites B et des hépatocarcinomes. Il est pourtant largement sous-exploité en France, où la proportion de personnes vaccinées atteint 30%, contre par exemple 90% en Belgique.
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Mieux diagnostiquer les cancers du foie
L’unité Oncogenèse et virologie moléculaire, dirigée par Marie-Annick Buendia, se penche sur le virus de l’hépatite B. Les chercheurs étudient les altérations induites par le virus dans les cellules du foie et cherchent à établir un diagnostic moléculaire des cancers associés à cette infection. Chez des enfants ayant développé un hépatoblastome, un cancer du foie très rare, ils ont ainsi démontré qu’une signature de 16 gènes permettait de caractériser précisément la nature de la tumeur. Leur découverte constituera un outil précieux pour aider à la prise en charge de ces patients et adapter les traitements. L’équipe tente à présent de déterminer si cette signature est également valable dans le cas des hépatocarcinomes.
Améliorer le diagnostic et la prise en charge des malades atteints d’hépatite C
Tout comme le virus de l’hépatite B, le virus de l’hépatite C peut être à l’origine d’infections chroniques pouvant évoluer vers des cancers du foie. Le seul traitement contre le virus disponible à l’heure actuelle, long et coûteux, n’est efficace que dans 50% des cas, et est associé à des effets secondaires sévères. Il est donc important de pouvoir déterminer si un patient y sera sensible ou non, afin de l’éviter aux malades qui n’en retireraient pas de bénéfice thérapeutique.
Hépatite C et cancer du foie
Avec 200 millions de personnes infectées dans le monde, l’hépatite C est aujourd’hui devenue l’une des toutes premières causes de maladie chronique virale du foie, constituant un problème majeur de santé publique. Le virus provoque une infection persistante susceptible d’évoluer vers une fibrose du foie, qui à long terme peut progresser vers une cirrhose hépatique (20% des cas) voire un cancer ou hépatocarcinome.
Les patients infectés développent une hépatite aiguë généralement asymptomatique, donc difficilement diagnosticable. Seul 30% des patients réussiront à éliminer le virus naturellement, tandis que 70% des cas progresseront vers une hépatite chronique. L’hépatite C est une maladie au développement lent avec dans la majorité des cas, une apparition de symptômes plusieurs années après l’exposition initiale au virus de l’hépatite C. |
Les scientifiques de l’unité d’Immunobiologie des cellules dendritiques (Institut Pasteur-Inserm U818), que dirige Matthew Albert, ont identifié un biomarqueur qui pourrait être un indicateur du pronostic de succès ou d’échec du traitement. Ils cherchent à présent à évaluer le rôle des cellules dendritiques,des cellules du système immunitaire, dans la pathogenèse de l’hépatite C, et de mieux définir les mécanismes immunitaires en jeu dans l’élimination du virus. L’équipe a pour cela mis en place, en collaboration avec le service d’hépatologie de l’hôpital Cochin, une étude clinique chez une cohorte de patients chroniquement infectés par le virus de l’hépatite C et ayant répondu ou non au traitement existant.
En parallèle, l’équipe mène des recherches pour expliquer les effets curatifs du BCG, utilisé empiriquement en traitement du cancer de la vessie, l’un des plus courants en occident. Ces travaux visent à mieux diagnostiquer les patients et améliorer leur prise en charge thérapeutique.
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